Aphorisme du jour

Tout homme devrait être assez intelligent pour mesurer combien il ne l'est pas assez.

samedi 28 mai 2016

Astro et Méta ... physique



Astro et Méta ... physique


Sommes-nous les descendants de poussières d'étoiles ?

"Théorie de l'ensemencement"

La théorie dorénavant établie scientifiquement, selon laquelle la vie sur Terre doit au moins partiellement son apparition à des cellules y ayant été apportées par des astéroïdes depuis les profondeurs de l'espace sidéral, interpelle. Et elle interpelle autant l'agnostique que le croyant et l'athée, qu'ils soient darwinistes ou non, la diversité comme le foisonnement de la vie sur notre planète, y trouvant des causes allant bien au-delà d'une simple filiation à partir du singe, d’un quelconque autre ancêtre commun, ou d'une poignée de glaise pétrie par Dieu. Des faits vérifiables sont ainsi offerts à notre sagacité, avec pour première conséquence la remise en cause de bon nombre de ces superstitions, mystères et dogmes, tant scientifiques que religieux, qui dominent la question de ses origines depuis que l'homme se la pose, c'est-à-dire depuis qu'il a pris conscience de lui-même.

Plutôt que des réponses fondées sur des révélations auxquelles répond notre doute, la science peut désormais se livrer à l'interprétation d'une réalité concrète. Plutôt que de subir un renvoi perpétuel de ses questionnements à des archives – paléontologiques et autres – dont l'accumulation nous éloigne autant de la Vérité qu'elle nous en rapproche, l'homme semble ainsi plus près qu'il ne l'a jamais été de démasquer le Grand Horloger créateur de lui-même, à moins qu'il ne soit conduit à admettre toute autre cause, jusqu’à la génération spontanée de l'univers. Quoi qu'il en soit, le voici confronté, par les dernière découvertes de l'astrophysique, à des questions et à des suggestions nouvelles :

- La Terre, évoluant dans l'espace interstellaire depuis sa constitution il y a 4 milliards d'années environ, ce qui y est né, y vit, y a vécu et en a disparu, peut-il avoir eu et avoir encore pour origine, des cellules comparables à celles dont nous découvrons maintenant l'existence sur des astéroïdes qui frôlent notre planète dans leur course et l'y ont même souvent terminée ?

- Si ces corpuscules ont pu aboutir sur la Terre et continuent de le faire au terme de leur errance intergalactique, en quoi et pourquoi la planète Terre aurait-elle été (et continuerait-elle ) d'être leur seule destination ?

- Si de tels germes de vie ont pu aboutir à la Terre – comme ailleurs – en empruntant des astéroïdes, météorites et autres véhicules cosmiques, pourquoi ne continueraient-ils pas depuis ?

- Une telle improbabilité n'est-elle pas par ailleurs :

1°- sinon la preuve du moins la très forte présomption qu'il existe d'autres planètes comparables à la nôtre, peuplées de la même manière que celle-ci l’a été et continue de l’être, que ce soit d'espèces nouvelles ou déjà connues ?

2° - Un démenti de la théorie selon laquelle les espèces peuplant notre planète serait issues d’un ancêtre commun.


Et question subsidiaire renvoyant à la case départ : Quelle est l'origine de ces poussières d'étoiles ?

De telles questions conduisent, quelles que soient les réponses pouvant leur être apportées, à s'en poser bien d'autres.

Compter l'âge de l'univers et des corps qui y gravitent en milliards d'années, a depuis longtemps relégué au rang de fable une création à laquelle auraient suffi les quelques millénaires dont se contentent les religions, évolutionnistes ou non, pour dater la naissance de l'humanité. Dans la même mesure, l'origine de celle-ci ne résulterait-elle pas de phénomènes autres qu'une création voulue et orchestrée par un Dieu ? En déplacer le curseur sur l'échelle du temps, pourra-t-il longtemps encore suffire aux croyants de toutes les religions pour maintenir leurs Vérités respectives, et parfois contradictoires ?

La filiation de toutes les espèces, existantes, disparues ou à naître encore à partir de ces lointains ancêtres que furent et demeurent des cellules mêlées aux poussières de météorites, ne pourrait-elle pas expliquer la diversité des espèces peuplant notre planète, leur apparition, ainsi que leur intégration au milieu terrestre, autrement que par l'évolution selon Darwin ? Ces étapes ayant pu se situer à des époques parfois fort éloignées les unes des autres, la diversité et la répartition des espèces terrestres pourraient en effet, au moins originellement, s'expliquer par la chronologie de l'arrivée sur Terre de ces germes de vie au cours de milliers de millénaires ; par leur dissémination au hasard de leurs lieux d'atterrissage ; par la diversité des innombrables endroits de l'univers dont elles peuvent provenir, par les conditions environnementales et notamment climatiques y régnant, etc. C'est ainsi qu'il deviendrait concevable que la différenciation de ce que nous avons classé en espèces et en races, ait pu résulter d'origines et d'époques d'intégration au milieu terrestre propres à chacune. Nous serions alors fort éloignés de la théorie selon laquelle toutes les espèces auraient un ancêtre commun. Ce qui au demeurant n’exclut pas la théorie de l’évolution – que les darwinistes se rassurent –, mais à partir de souches devant leurs différences à des hasards intergalactiques.

Pourquoi privilégier l’hypothèse d’une création de l'homme – comme des d’autres espèces – suivie de son évolution, exclusivement par sa séparation en branches, plutôt que celle d’un regroupement, d’une convergence, de la combinaison de cellules d’origines et/ou d’époques différentes, s’étant associées pour donner autant de races différentes ? L'ensemencement de notre planète au cours de milliards d'années, à partir d'un ailleurs sidéral dont viendraient ces germes que nous commençons à peine de découvrir, n'est-il pas tout autant concevable ? D'autant que cette théorie de l'ensemencement serait tout autant compatible avec une existence devant tout au hasard ; ce même hasard qui aurait fait atterrir nos molécules ancestrales là où nous sommes, plutôt qu'ailleurs ; un ailleurs où ont probablement vécu et vivent, naîtront et vivront encore pendant longtemps de lointains cousins.

Autre hypothèse, pourquoi les êtres humains auraient-ils nécessairement un et un seul ancêtre commun ? Compte tenu de ce qui différencie indéniablement ce que nous avons nommé jusqu'ici les races, pourquoi chacune n'aurait-elle pas une origine particulière ? Et pourquoi ces origines ne seraient-elles pas aussi éloignées les unes des autres dans le temps que dans l'espace ? Ce qui n'empêcherait pas que leurs représentants aient pu se rencontrer et procéder au cours des millénaires, à toutes sortes d'échanges, y compris génétiques, et même évoluer au sens plus ou moins darwinien. Il faut tout de même se souvenir que ce que nous nommons métissage est à mettre au compte de tels échanges.

Sans aller jusqu'à l'ésotérisme exubérant de croyances instrumentalisant les sciences, ni jusqu'à méconnaître les incertitudes et approximations dont sont entourées de nombreuses découvertes de l'astrophysique, une approche supplémentaire de l'histoire de la vie sur Terre nous est ainsi suggérée, sensiblement différente de celle proposée par la seule évolution. Une belle occasion par exemple de remettre en question les raisons de la localisation, voire l'endémicité de nombreux végétaux et animaux, ou l'isolement de certains membres de la grande famille humaine, dont nous nous efforçons de retracer le parcours depuis le grand rift africain.

Quelles que soient les convictions des croyants de toutes confessions, la question de savoir si un créateur est à l'origine de la vie sur Terre et ailleurs demeure entière, probablement pour longtemps, mais n'est-ce pas l'effet d'une spiritualité dépassant tout – y compris les religions – et dont il nous resterait à découvrir l'essence ?

De quoi en tout cas renforcer l’idée selon laquelle l'homme occupe dans son insignifiance au regard de l'univers, un rang devant tout au hasard; sa vanité dut-elle en souffrir.

vendredi 27 mai 2016

Pourquoi les idéologies ne meurent-elles jamais ?


Quelques lignes en réaction au dernier hors série (mai 2016) d'une revue de vulgarisation scientifique, consacré aux grandes idées politiques, et plus particulièrement au premier de ses articles, dont le titre est ici repris en changeant sa forme, d'affirmative en interrogative.

L'idéologie politique et la foi religieuse ont en commun, la suprématie de l'imaginaire sur le réel.
Il revient probablement aux religions, ou plus précisément à ce qui en a tenu lieu jusqu'à ce qu'elles acquièrent ce statut, d'avoir été les premières à élaborer de quoi répondre à l'angoisse existentielle de l'homme. C'est par elles que la majorité de l'humanité puise dans la spiritualité son sens de l'immortalité et l'espérance d'une vie meilleure dans l'au-delà, en compensation des aléas de la vie ici-bas.
Parallèlement, avec toutefois un retard dû à la prise de conscience de leurs inégalités sociales par les hommes, sont apparues les idéologies politiques, dont les principales se ramènent de nos jours aux termes de notre devise nationale. Le second rêve de l'homme était ainsi né, conforté et mis au service de l'amélioration de sa condition temporelle.
Ces deux rêves conditionnent – spécialement en France – autant la politique que la religion, dans le refus du réel au profit de l'imaginaire. Non pas que ceux qui y sont attachés ignorent les dures réalités d'une condition humaine qui est leur raison d'être, mais parce qu'entraînés par leur idéalisme ils considèrent cette condition dans ses effets en négligeant ses causes. Et le rêve politique, en dépit du fait qu'il lui soit arrivé de tourner au cauchemar, se manifeste encore pour attribuer aux luttes sociales des mérites qu'elles n'ont pas toujours eus, loin s'en faut. Bien des avancées sont attribuées à la lutte des classes alors qu'elles ont été, plus simplement, les fruits du progrès. La preuve en est dans des revendications fondamentales inchangées depuis la nuit des temps et des pauvres en nombre toujours plus élevé, parmi lesquels la pauvreté profonde ne cesse de se développer.
Quoi qu'il en soit, s'en tenant aux 3 grands idéaux qu'énonce notre devise nationale, auxquels pourrait être ajoutée la "compassion" pour que s'y reconnaissent comme par malice autant le laïc que le religieux, l'un et l'autre oublient :
  • 1° Que tout idéal se définit comme « n'ayant qu'une existence intellectuelle, sans être ou sans pouvoir être perçu par les sens ; qui a les caractères de l'idée. Synonymes : abstrait, idéel, théorique »1. et qu'en conséquence politique et religions sont livrées à leurs idéaux au détriment de la praxis. Attitude plus ou moins partagée par toutes les tendances politiques, qu'elles soient de droite ou de gauche, cette dernière allant toutefois jusqu'à prétendre vouloir « réenchanter le rêve français (ou républicain)»2.
  • 2° - La structure incontournablement pyramidale de la société des hommes, au demeurant conforme à la vision religieuse de l'univers.
  • 3° - La dimension atteinte par le fait démographique ; quand la population mondiale augmente chaque jour de 280 000 individus, alors qu'elle a déjà largement sursaturé la capacité de la planète de subvenir à ses besoins et qu'elle est en voie de consommer près de deux fois ses ressources (cf. empreinte écologique)
  • 4° - Que « ... tout être humain est, avant toute autre activité ou toute autre opinion, un consommateur »3 ou plus trivialement : que nous sommes objectivement chair à canon, à boulot et à impôts. Chaque être humain est devenu, envers et contre tout, une "UPC" (unité de consommation-production). Nous sommes loin de l'humanisme qui s'accordait avec le propos de Jean Bodin, selon lequel « Il n'est de richesse que d'homme », contredisant Voltaire pour qui « La nature se soucie bien peu des individus »
  • 5° - que si le rêve favorise le débat à l'infini – pour la prospérité de la polémique et le bonheur des utopistes – les meilleures intentions s'y perdent et il interdit la véritable gouvernance, spécialement lorsqu'elle devrait faire preuve de pragmatisme.
En résumé, les idéologies ne meurent jamais, parce qu'elles sont des rêves et que le rêve est par nature intemporel.

Pendant ce temps-là, progrès, richesse et population progressent dans la démesure, avec pour première conséquence un accroissement incessant des inégalités sociales que religions autant que politiques prétendent combattre.


1 Trésor de la langue française (CNRS)
2 Dixit François Hollande
3 Gaston Bouthoul in Traité de sociologie II, Payot éditeur.


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                                                                                  Source : Démographie responsable

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